Récemment, mes enfants jouaient ensemble. Soudain, dans leur jeu, mon fils de deux ans s'est excité et commença à faire mal à sa petite sœur. Heureusement, j'été présent et j’ai pu calmer les esprits avant qu’il y ait une blessure qui survienne. Et une demi-heure plus tard, les revoici, jouant ensemble joyeusement, comme si ils étaient des éternels amis.
Je me suis demandé : que sont réellement mes enfants ? Qu'ont-ils comme sentiments l’un pour l'autre? Haine ou amour? Animosité ou amitié?
Ecoutant les nouvelles venant d’Israël, ces derniers jours, mon cœur est en peine. Il n’y a aucune raison pour un homme « charedi » de cracher sur une fillette de 8 ans. Cela est totalement et absolument honteux. Il n'y a pas de justification pour un « charedi » de nommer une femme-soldat de « prostituée ». Ceci n’a aucune place dans notre société. Il n'y a aucune justification, que ce soit pour un « charedi » ou quelqu’un d’autre, à porter des tenues de la Shoah et une étoile jaune. Il n’y a également aucune justification pour des sentiments de haine ou d'animosité venant du côté « Laïc ». Le venin toxique palpable qui se répand à travers Israël et le monde juif tout entier est totalement et absolument inacceptable. Israël semble être déchiré par la haine et la violence, et mon cœur me fait mal.
Mais il y a une autre scène que je ne peux pas omettre : le 18 octobre 2011, le jour où Gilad Shalit est rentré à la maison. L'unité qui prévalait alors était indescriptible. L’espace d’une journée, il n'y avait pas plus de « charedims » ou de « Laïc », plus de « colons » ou de « gauchistes ». Il y avait plus de barrières, pas d'étiquettes et plus de partis politiques. L’espace d'un jour, nous étions en tant que nation unis, frères et sœurs au sein d’une seule et même famille. Bien sûr, il y a toujours des voix qui se sont élevées au sujet du prix élevé payé pour sa libération. Mais au moment où Gilad embrassa son père, Noam, chaque cœur fondit et de chaque œil coula une larme.
Alors je me demande : qui est la véritable nation d'Israël ? Est-ce la nation qui est divisée, combattant, arguant, diabolisant « l’autre » ? Ou bien est-ce la nation qui montre un tel amour profond et une telle compassion pour un seul soldat ? La nation qui se trouve ensemble contre tous les mauvais vents ? La nation qui partage amour, espoirs et rêves ?
Au fond, chacun de nous connaît la vérité. Le « Moment de quintessence israélienne » a été le moment d'amour et d'unité. C'est alors que « Am Yisrael ‘haï », et que nous avons atteint notre plus profonde essence. Le pic de la grandeur juive se retrouve lorsque nous avons un sentiment pour l'autre, de célébrer et même de pleurer ensemble. C'est le cœur de la nation juive, et le cœur d’Israël. La nation qui s'entre-déchire aux yeux du monde entier ne l'est pas. Il est temps d’être vraiment nous-mêmes.
Les disciples de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur du ‘hasidisme Lubavitch, demandaient à leur maître : « Quel est la plus grande vertu, l'amour de D.ieu ou l'amour de ses prochains ? » Rabbi Chnéour Zalman leur répondit : « Le véritable amour signifie que vous aimez ce que votre bien-aimé aime. D.ieu aime chacun de ses enfants. Donc définitivement, les deux amours sont une seule et même chose. Celui ou celle qui aime vraiment D.ieu aime également de la même façon chacun de ses prochains ».
Nous sommes actuellement dans la semaine où nous jeûnons et nous pleurons pour la destruction du Temple de Jérusalem. Le Temple fut détruit en raison d'un manque d'amour et d’une trop forte haine insensée. Il est temps de corriger cette erreur. Il est temps de révéler la véritable unité et l’amour dont « Am Israel » est capable. Il est temps de passer outre les divisions et dissemblances, de se soucier les uns des autres comme de simples frères de la même famille. Nous ne pouvons pas toujours être d'accord, mais nous devons toujours nous souvenir et avoir le sentiment que nous partageons un lien profond qui est incassable, et que notre fondation est toujours un amour partagé de D.ieu et de l'amour partagé pour chaque autrui.
